25 août 2017

De plus en plus rarement

J'ai de moins en moins envie d'écrire sur le Brésil, tant ce pays est devenu désespérant. Il fut un temps où j'étais passionné par la culture brésilienne, en premier lieu sa musique et sa littérature. Rencontrer deux fois Jorge Amado à Paris, ou nombre de musiciens parmi les plus mythiques, de passage à Vitoria, grâce à notre amie Lena Signorelli, avaient été des moments forts de ma vie là-bas.

Même la politique m'avait intéressé, grâce à Lula et aux avancées qu'il avait permises. Maintenant, avec Temer le pays effectue le plus grand bond en arrière de son histoire, au-delà des pires craintes que l'on pouvait redouter.

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles. Et le peuple, toujours plus aliéné dans sa large majorité, s'en contrefout, tant qu'il y a de la bière qui coule. Ainsi va le Brésil dans le peloton de tête des pays courant à leur perte. En éclaireur, sans doute, du reste du monde, guère plus clairvoyant. Qu'on en finisse au plus vite avec l'espèce humaine et qu'on laisse une chance à la vie sur cette planète qui avait tant à nous offrir !

23 juillet 2017

Deux villes, deux pays, deux continents

Vitória. Besançon. Se partager entre deux villes, deux pays, deux continents. Que signifiait se partager ? Il se le demandait. Comme il se demandait tant de choses qui au fond étaient sans importance. Il avait bien d'autres certitudes : la fin de l'espèce humaine était proche et c'était souhaitable. Car s'il espérait encore quelque chose, c'était que la vie animale, végétale, microbienne poursuive son destin enfin libérée de la malédiction humaine. L'homme avait inventé le plus sûr des pièges : le calcul économique. Et il s'y jetait à corps perdu. Et lui aussi, comme tous les autres, s'y jetait la tête le première.

En attendant il était là, à regarder l'océan ou bien le ciel, contemplant de sublimes phénomènes naturels. Quelque chose qui ressemblait à l'idée qu'il se faisait du bonheur. Quelque chose qui le dépassait. Et de beaucoup. Il était là, à lire aussi des romans ou des poèmes qui le distrayaient, à étudier des dessins et des tableaux pour tenter de s'y perdre, de s'y dissoudre avant l'heure de sa mort.

Toi qui arrives ici par hasard, fais en ton miel si tu le peux. Et reviens quand tu le pourras pour en savoir plus. En savoir plus ou mieux t'égarer. Car aucun des mots de ce texte n'est définitif, du moins du vivant de son auteur.

18 mars 2017

Pourritures

Après la police au repos, laissant le champ urbain libre aux voyous désœuvrés, toujours prêts à en découdre et à s'emparer de quelques miettes ; après la fièvre jaune ayant fait son retour dans l'Espírito Santo, avec la bénédiction de l'Esprit Saint, dit encore Saint-Esprit, après 70 ans d'absence tout de même ; après toutes ces merdes remuées, tous ces remugles en fête, c'est au tour de la viande qui nous est vendue d'apparaître comme pourrie en une de tous les journaux. Et dire que je suis invité à un churrasco ce midi !

Et demain ? Qu'en sera-t-il ? Sans doute pas quelque chose de folichon. Et pas qu'au Brésil, sans doute. Les USA nous montrent la voie avec leurs trumperies. Bientôt cela sera-t-il le tour de la France ? Même si dans la mère patrie on échappe au pire cette fois, comme aux Pays Bas, ne nous faisons pas trop d'illusions, le peuple, comme on dit en Suisse, le peuple souverain pense d'une façon qui pue chaque fois plus. Au fond, plus tôt on en finira avec l’humanité, mieux cela vaudra pour la vie sur Terre. Espoir, donc.

Je pense à toi, Frantz Fanon. Je repense à toi, à tes combats. À tous nos combats qui, finalement, auront été inutiles. Comme ceux des peuples de la forêt amazonienne il y a 1000 ans ou 600 ans encore. Ils étaient des dizaines de millions qui parlaient des centaines de langues, qui peuplaient des centaines de villes et villages, qui parcouraient des milliers de routes, qui cultivaient des milliers de champs, qui élevaient des poissons, qui domestiquaient des arbres et des plantes. Quand les Portugais sont arrivés, il n'y a point eu de combats, ou si peu, contrairement à ce que voudraient faire croire les Brésiliens aujourd'hui encore, et qui justifieraient l'appellation donnée à Vitória, une prétendue victoire sur les indigènes, il a suffi de nos microbes et bactéries européens pour décimer les habitants de l'Amérique du Sud. Presque tous. A ce propos, on lira avec profit le livre de l'archéologue Stéphen Rostain, Amazonie, les 12 travaux des civilisations précolombiennes.

08 février 2017

Gendarmes au repos

Cela dure depuis cinq jours et nous n'avons pas idée de la fin du mouvement. Mouvement, c'est une façon de parler puisqu’ils restent cantonnés dans leurs casernes. En grève, nos gendarmes réclament 43% d'augmentation. Pour le gouvernement local, il est hors de question de leur accorder ne serait-ce que 1%. Austérité, tel est le mot d'ordre.

Conséquence : les fripouilles s'en donnent à cœur joie. Vandalisme, braquages, homicides (85 en 5 jours). Conséquence : les bus ne circulent pas ; les boutiques, les supermarchés et les restaurants restent fermés, faute de sécurité et de personnel.

Le gouvernement local a fait appel à des renforts venus de Rio et Brasília. Pour l'instant, aucun effet. Et puis ceci : avis aux partisans de l'État minimum ! Si c'est ça que vous voulez, ça va clairement pas le faire.

19 janvier 2017

Daniel Blake au Cine Jardins

C'est un film auquel il n'est est peut-être pas nécessaire d'assister en tant que spectacle, mais qui vaut pour sa valeur documentaire.

Ken Loach nous donne à voir une société anglaise en train de se défaire. Décadente, comme dirait à juste titre Michel Onfray.

Et, oh surprise, une large part du public n'a pas hésité à applaudir à la fin de la projection, comme une façon de dire "Fora Temer !".

11 janvier 2017

Garçon !

Cela aurait mérité une photo mais je n'étais pas équipé et je conduisais.

Entre les files de voiture, un homme élégant, long pantalon noir, chemise blanche et nœud papillon noir se faufilait, un plateau à la main et des bouteilles d'eau dans un seau à glace.

Ainsi vont les nouvelles figures de la précarité dans les rues du Brésil.

06 janvier 2017

Étudiante japonaise disparue sans laisser de corps

Une étudiante japonaise qui disparaît, probablement assassinée, mais sans laisser de corps. Un assassin présumé, de nationalité chilienne, qui a disparu lui aussi. Voilà qui agite la bonne ville de Besançon où se sont précipités une vingtaine de journalistes nippons.

Voilà qui ne se produirait pas dans la turbulente métropole de Vitória qui en voit pourtant d'autres.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de ce palpitant fait divers...

(Il fallait bien une affaire aussi rocambolesque pour justifier la reprise de ce blog après deux ans ou presque d'hibernation.)

07 janvier 2015

JE SUIS CHARLIE

L'ouvrir quoi qu'il en coûte.

Et aussi respect et émotions. Émotions, que je mets au pluriel. Pour avoir perdu aujourd'hui plusieurs amis qui m'accompagnaient depuis mon adolescence.

01 janvier 2015

Sans illusion

Aujourd'hui, premier jour de l'année 2015, nous vous souhaitons la meilleure année possible dans un environnement difficile.

Aujourd'hui, premier jour de l'année, journée d'été, chaude et venteuse.

Aujourd'hui, premier jour du second mandat de Dilma Rousseff, un mandat qui s'annonce à ce point problématique que rien ne permet d'assurer qu'il ira jusqu'au bout de son terme.

Aujourd'hui, sera ou seront connu(s) le(s) gagnant(s) de la principale loterie brésilienne, la Mega-Sena. 263 millions de reais sont en jeu, soit environ  80 millions d'euros.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...